Le Père Bernard Verspieren, infatigable bâtisseur et amoureux du Mali
Le Père Bernard Verspieren est né dans le Nord de la France en 1924. Passionné d’agriculture, il fait l’école d’agriculture de Purpan avant de rentrer chez les Pères Blancs à l’âge de 19 ans. Après quatre années de séminaire, il est ordonné prêtre à Carthage en 1950 puis part au Mali, alors Soudan Français.
C’est le début d’une passion, d’un véritable amour pour ce pays qui l’habitera toute sa vie.
Il commence sa mission en pays Bobo, à Mandyakuy et, entre les années 1951 et 1959, il y construit 6 églises. Cependant, il commence à s’intéresser aux problématiques de développement et quand Jean XXIII, «le pape de son coeur», déclare : « pas d’évangélisation sans développement, pas de développement sans évangélisation » le Père Verspieren se lance dans une aventure de plus de quarante ans qui le verra travailler dans des domaines aussi variés que l’agriculture, la santé, l’éducation, l’hydraulique ou encore la promotion féminine. Il commence par créer deux écoles d’agriculture : à Tominian en 1966 puis au Koni. Ces écoles fonctionnent selon un modèle original : il y fait venir des couples pendant un an pour les initier à des techniques modernes agricoles avant de les renvoyer dans leur village avec une charrue et une paire de bœufs de trait.
En 1973, une sécheresse terrible dévaste le Sahel, la famine cause la mort de milliers de personnes. Sollicité par les plus hautes autorités maliennes, le Père Verspieren crée Mali Aqua Viva, à San et lance avec cette association la plus fantastique campagne de forage que le Mali ait connu. Après l’eau bénite, il se lance dans le défi de l’eau potable ! Cette campagne dure jusqu’à présent et compte plus de 4000 forages à son actif. Au début, les pompes sont équipées de pompes à pied et à main puis un jour, en Corse, le Père découvre une des premières pompes solaires à photopiles. Quoi de mieux pour le Mali où le soleil ne voile que rarement sa face ! En 1977, il installe la première pompe solaire au Mali. Ce sera le pionnier des énergies renouvelables dans ce pays. En tout, il aura installé plus de 125 pompes solaires ! Dans le même temps, il construit des écoles, des dispensaires, crée des jumelages entre villes françaises et maliennes, s’occupe de groupements féminins et de centre de réadaptation orthopédiques…
Plus que partout ailleurs, son amour pour le Mali et les Maliens est visible dans sa dernière œuvre : Teriya Bugu. En pleine brousse, au bord du Bani, le Père rencontre dans les années 65 un pêcheur Somono, Lamine Samaké. De leur amitié est né un rêve qui s’est concrétisé pour devenir Teriya Bugu, la case de l’amitié, une ferme modèle, une petite oasis au cœur du Mali. Le Père s’est installé à Teriya Bugu au début des années 1980. Grand bâtisseur dans l’âme, il a contruit en 20 ans un véritable patrimoine du Mali. Laboratoire des énergies renouvelables, il y aura testé les énergies solaire, éolienne et même le biogaz. Vergers, grandes cultures, élevages, il aura tout essayé, démontrant ce qu’il est possible de faire au Mali avec de l’eau, de la volonté et de l’amour. Chevalier de la Légion d’Honneur, il a aussi été décoré de l’Ordre du Mérite Français. Au Mali, il a été décoré de l’Ordre National du Mérite et du Ciwara d’Excellence. Après plus de 50 ans passés au service du Mali et des Maliens, le père Bernard Verspieren est décédé en octobre 2003, il a laissé un exemple inoubliable dans le cœur des gens qui l’ont cotoyé. C’était un Père du Mali qui laisse derrière lui beaucoup d’orphelins...